Les cadres non-managers estiment à une large majorité que devenir encadrant les ferait davantage travailler sous pression, augmenterait leur durée de travail et réduirait leur recours au télétravail.
( AFP / EMMANUEL DUNAND )
Objectifs trop hauts, pression, charge de travail... Les cadres sont moins interessés par l'obtention de responsabilités hierarchiques au sein des entreprises, selon une étude publiée mardi 20 janvier par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), qui souligne "la complexification récente de la fonction" de manager.
La part des cadres non-managers souhaitant accéder à des responsabilités hiérarchiques a ainsi perdu 8 points entre 2022 et 2025, passant de 42% à 34%. Cette part a encore plus fortement baissé chez les moins de 35 ans, passant de 63% à 47% (-16 points).
Les cadres non-managers estiment à 77% que devenir encadrant les ferait davantage travailler sous pression, augmenterait leur durée de travail (à 61%) et réduirait leur recours au télétravail (à 42%).
"Les dilemmes managériaux" sont de plus en plus nombreux, constate Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle études de l'Apec. On demande toujours aux managers "d'assumer des objectifs, de faire en sorte que la qualité soit au rendez-vous, que les livrables soient rendus en temps et en heure, mais en même temps, on leur demande d'assurer de la convivialité, que toute leur équipe se sente bien, d'individualiser leur management le plus possible, et de s'adapter aux besoins" tout en assurant "la montée en compétences" de leurs collaborateurs, détaille Gaël Bouron.
"Situation de fragilité"
"Face à tous ces dilemmes, à cette pression et au temps de travail importants, le manager se trouve dans des situations parfois de fragilité , d'autant plus qu'on est dans un système où la culture de l'invulnérabilité reste très importante, qu'on reste dans cette idée que le cadre, et a fortiori le manager, ne peut pas exprimer ses difficultés", rapporte encore le responsable de l'Apec.
La fonction managériale reste néanmoins attractive pour ceux qui l'exercent en raison d'une "vraie différence de rémunération" , d'une plus grande autonomie et d'une "envie de transmettre des compétences", relève Gaël Bouron.
Ainsi 60% des managers jugent que leur fonction leur apporte "plus de satisfaction que d'insatisfaction" , contre seuls 6% qui pensent le contraire, et 34% pour lesquels satisfaction et insatisfaction s'équilibrent.
Par ailleurs, 53% des cadres sont "plutôt satisfaits" de leurs managers et 30% "tout à fait satisfaits".
Les données présentées dans l'étude reposent sur les résultats de plusieurs enquêtes, dont une enquête réalisée auprès d'un échantillon de 2.000 cadres du secteur privé en septembre 2025.
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